Le Vietnam, pays d’Asie du Sud-Est en pleine transformation, continue de faire face à des défis socio-économiques majeurs malgré sa croissance économique impressionnante des dernières décennies. Avec près de 4,5 millions de personnes vivant encore sous le seuil de pauvreté et des inégalités persistantes touchant particulièrement les minorités ethniques et les populations rurales, l’action humanitaire demeure essentielle. Les associations françaises et internationales jouent un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, qu’il s’agisse d’éducation, de santé, d’environnement ou de développement économique. Vous souhaitez contribuer à ces efforts solidaires ? Découvrez les multiples façons de vous engager concrètement pour soutenir les Vietnamiens dans leur quête d’un avenir meilleur.
Panorama des associations humanitaires françaises actives au vietnam
Le paysage associatif français au Vietnam se caractérise par une grande diversité d’organisations intervenant sur des thématiques complémentaires. Ces structures, souvent présentes depuis plusieurs décennies, ont développé une expertise approfondie des réalités locales et des partenariats solides avec les autorités vietnamiennes et les ONG locales. Leur connaissance du terrain leur permet d’identifier précisément les besoins prioritaires et d’adapter leurs interventions aux contextes culturels et géographiques spécifiques de chaque région.
Enfants du vietnam : parrainage et éducation dans les provinces rurales
L’association Enfants du Vietnam se concentre principalement sur l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les enfants issus de familles défavorisées dans les zones rurales. Son programme de parrainage permet à des familles françaises de soutenir financièrement la scolarité d’un enfant vietnamien, couvrant les frais de scolarité, les fournitures et parfois l’hébergement. Cette approche personnalisée crée un lien durable entre parrains et filleuls, favorisant les échanges culturels enrichissants. L’association intervient également dans la construction et la rénovation d’infrastructures scolaires, particulièrement dans les provinces montagneuses du Nord où l’accès à l’éducation reste limité. En 2023, plus de 5 000 enfants bénéficiaient de programmes de parrainage, avec un taux de réussite scolaire nettement supérieur à la moyenne nationale pour ces régions isolées.
Opération sourire : missions chirurgicales reconstructrices à Hô-Chi-Minh-Ville
Opération Sourire (Smile Operation) organise des missions médicales spécialisées dans la chirurgie réparatrice pour les enfants nés avec des malformations faciales, notamment les fentes labio-palatines. Ces interventions, réalisées gratuitement par des équipes de chirurgiens français et vietnamiens, transforment littéralement la vie de centaines d’enfants chaque année. À Hô-Chi-Minh-Ville, l’association dispose d’un centre médical partenaire équipé pour accueillir ces missions complexes. Au-delà des opérations, l’organisation assure également le suivi post-opératoire et la formation de personnel médical vietnamien pour renforcer les capacités locales. Depuis sa création, Opération Sourire a permis à plus de 12 000 enfants vietnamiens de retrouver le sourire et une meilleure intégration sociale.
Aide et action : programmes d’alphabétisation dans le delta du mékong
Aide et Action intervient principalement dans le delta du Mékong, une région particulièrement vulnérable aux impacts du changement climatique et où
de nombreuses familles vivent encore dans une grande précarité. L’association développe des programmes d’alphabétisation pour les enfants mais aussi pour les adultes, notamment les femmes issues des minorités ethniques. Les projets combinent ouverture de classes communautaires, formation des enseignants et distribution de matériel pédagogique adapté aux réalités locales. Aide et Action met également l’accent sur l’éducation non formelle, en proposant des cursus flexibles pour les enfants obligés de travailler aux champs ou dans la pêche. Ces dispositifs d’« école de seconde chance » permettent de réduire fortement le décrochage scolaire et d’offrir de nouvelles perspectives professionnelles aux jeunes du delta.
Planète urgence : projets de reforestation et écotourisme solidaire à sapa
Planète Urgence est particulièrement active dans les régions montagneuses du Nord, autour de Sapa, où vivent de nombreuses minorités ethniques comme les Hmong ou les Dao. L’association mène des programmes de reforestation et de protection des bassins versants, essentiels pour lutter contre l’érosion des sols et les glissements de terrain. Les volontaires locaux et internationaux participent à la plantation d’arbres, à la restauration de sentiers et à la sensibilisation des communautés à la gestion durable des ressources naturelles. Parallèlement, Planète Urgence accompagne le développement d’un écotourisme solidaire, en soutenant la création de petites guesthouses familiales, de circuits de randonnée responsables et d’ateliers d’artisanat rémunérés équitablement. Cette approche permet d’allier lutte contre la déforestation, maintien de la biodiversité et création de revenus complémentaires pour les familles rurales.
Mécanismes de dons financiers et fiscalité pour les projets vietnamiens
Soutenir une association humanitaire au Vietnam ne passe pas uniquement par le départ sur le terrain : les dons financiers constituent un levier majeur pour financer les programmes d’éducation, de santé ou d’environnement. En tant que donateur ou donatrice basé(e) en France, vous bénéficiez par ailleurs d’un cadre fiscal particulièrement incitatif, qui rend l’engagement solidaire plus accessible. Encore faut-il comprendre comment fonctionnent la défiscalisation, les plateformes de collecte en ligne et les règles liées aux dons en nature. Voyons ensemble les principaux mécanismes pour optimiser votre soutien aux projets vietnamiens.
Défiscalisation à 66% selon l’article 200 du CGI pour les dons humanitaires
La plupart des associations humanitaires françaises actives au Vietnam sont reconnues d’intérêt général ou disposent du statut d’organisme éligible au régime du mécénat. Concrètement, vos dons versés à ces structures ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 66% des sommes versées, dans la limite de 20% de votre revenu imposable, conformément à l’article 200 du Code général des impôts. Cela signifie qu’un don de 100 € ne vous “coûte” en réalité que 34 € après avantage fiscal. Pour en bénéficier, l’association doit vous remettre un reçu fiscal mentionnant le montant du don et sa nature (numéraire ou en nature). En cas de don régulier par prélèvement automatique, un récapitulatif annuel vous est généralement adressé pour simplifier votre déclaration.
Pour les entreprises souhaitant soutenir un projet humanitaire au Vietnam, le dispositif diffère légèrement mais reste très avantageux. Les dons effectués par les sociétés ouvrent droit à une réduction d’impôt sur les sociétés de 60% des montants versés, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires hors taxes (article 238 bis du CGI). Le mécénat d’entreprise permet ainsi de financer des programmes ciblés – par exemple l’équipement d’un centre de santé ou la rénovation d’une école – tout en valorisant l’engagement RSE de la structure. Vous hésitez sur le montant ou la forme de votre soutien ? N’hésitez pas à contacter directement l’association choisie qui pourra vous orienter vers le dispositif fiscal le plus adapté à votre situation.
Plateformes sécurisées HelloAsso et GlobalGiving pour transferts internationaux
Pour faciliter les dons vers des projets humanitaires au Vietnam, de nombreuses ONG françaises s’appuient désormais sur des plateformes de paiement en ligne sécurisées. En France, HelloAsso s’est imposée comme un acteur de référence pour les collectes de dons et les campagnes de financement participatif associatif. L’avantage pour vous ? Une interface en français, un processus de paiement simple et la possibilité de recevoir immédiatement votre reçu fiscal. De plus, HelloAsso fonctionne sur le principe du “pourboire volontaire”, ce qui permet aux associations de percevoir l’intégralité de votre contribution.
Pour les projets menés en partenariat avec des ONG vietnamiennes ou internationales, des plateformes comme GlobalGiving sont également utilisées. Elles offrent un cadre sécurisé pour les transferts internationaux et permettent de suivre l’avancement des projets financés grâce à des rapports réguliers. C’est un peu comme un tableau de bord en temps réel de votre impact : vous pouvez voir comment votre don contribue concrètement, par exemple à la construction d’un puits, à la formation de professeurs ou à la distribution de kits scolaires. Avant de valider votre paiement, vérifiez toujours que la page de collecte renvoie bien vers l’association officielle et que le protocole de paiement est chiffré (https).
Crowdfunding solidaire via ulule et KissKissBankBank pour projets ciblés
Vous souhaitez soutenir une action très précise, comme la création d’une bibliothèque dans un village du centre Vietnam ou le financement d’une mission médicale à Hanoï ? Le crowdfunding solidaire via des plateformes comme Ulule ou KissKissBankBank peut être une excellente option. Ces campagnes sont généralement limitées dans le temps et présentent un objectif financier clair, ce qui permet de mobiliser rapidement une communauté autour d’un projet ciblé. Vous y trouverez souvent une description détaillée du contexte local, des bénéficiaires et du budget prévisionnel, ainsi que des mises à jour régulières pendant la mise en œuvre.
Le financement participatif a également un effet “boule de neige” : en partageant le lien de la campagne, vous permettez à vos proches, collègues ou réseaux sociaux de s’engager à leur tour. C’est un peu comme former une chaîne de solidarité virtuelle reliant directement votre cercle à une communauté vietnamienne. Attention toutefois à bien vérifier la crédibilité du porteur de projet, l’existence d’un partenaire local fiable et la transparence sur les frais de plateforme. Les associations les plus sérieuses publient systématiquement un bilan post-campagne détaillant l’utilisation des fonds et les résultats obtenus sur le terrain.
Dons en nature : logistique douanière et réglementations vietnamiennes
Envoyer du matériel scolaire, des vêtements ou des équipements médicaux au Vietnam peut sembler une excellente idée, mais les dons en nature sont encadrés par une logistique et des règles douanières strictes. Les autorités vietnamiennes imposent des contrôles rigoureux pour éviter l’importation de produits périmés, non conformes ou susceptibles de perturber le marché local. De plus, les coûts de transport, de stockage et de dédouanement peuvent être élevés et parfois supérieurs à la valeur du matériel envoyé. C’est pourquoi la plupart des ONG recommandent de privilégier les dons financiers, qui permettent d’acheter sur place du matériel répondant aux normes locales.
Si vous tenez à organiser une collecte matérielle, il est indispensable de le faire en lien étroit avec une association déjà implantée au Vietnam. Elle pourra vous indiquer les types de biens réellement utiles (certifiés CE, non périmés, adaptés au climat tropical) et la quantité acceptable. Certains projets acceptent par exemple des ordinateurs reconditionnés, des lunettes de vue neuves ou du matériel pédagogique spécifique. En revanche, l’envoi de médicaments, de denrées alimentaires ou de vêtements usagés est généralement déconseillé, voire interdit. Avant tout envoi, demandez à l’ONG de vous fournir par écrit les consignes douanières à respecter pour éviter les blocages à l’arrivée.
Volontariat humanitaire : dispositifs VSI, VIE et congé solidaire au vietnam
Au-delà des dons, de nombreuses personnes choisissent de s’engager plus directement au sein d’une association humanitaire au Vietnam, en partant quelques semaines ou plusieurs années sur le terrain. La France dispose de dispositifs officiels de volontariat encadré, qui offrent un cadre juridique, une protection sociale et un accompagnement solide avant, pendant et après la mission. Vous vous demandez quelle formule est la plus adaptée à votre profil, à votre âge ou à vos contraintes professionnelles ? Passons en revue les principales options pour partir au Vietnam en toute sécurité.
Programme VSI avec france volontaires : missions de 12 à 24 mois à hanoi
Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) s’adresse aux personnes majeures prêtes à s’engager sur une durée longue, généralement entre 12 et 24 mois. Coordonné par l’agence publique France Volontaires, ce dispositif permet de rejoindre des ONG françaises ou vietnamiennes partenaires sur des missions techniques ou de coordination, souvent basées à Hanoï ou Hô-Chi-Minh-Ville. Les domaines d’intervention sont variés : éducation, santé communautaire, développement rural, protection de l’enfance, environnement ou encore renforcement institutionnel. Le volontaire reçoit une indemnité mensuelle, une couverture sociale complète et bénéficie d’un accompagnement renforcé pour son installation.
Le VSI n’est pas un simple “voyage humanitaire”, mais un véritable engagement professionnel et citoyen. Les profils recherchés sont souvent diplômés (niveau licence ou master) ou justifient d’une expérience significative en lien avec la mission proposée. Avant le départ, une formation à l’interculturalité, à la sécurité et au contexte vietnamien est systématiquement organisée. Sur place, les volontaires sont suivis par l’Espace Volontariats Vietnam, implanté à Hanoï et à Hô-Chi-Minh-Ville, qui joue un rôle de relais et de soutien au quotidien. Si vous souhaitez construire un projet de carrière dans la solidarité internationale, le VSI au Vietnam constitue une porte d’entrée très reconnue.
Chantiers internationaux avec concordia et jeunesse et reconstruction
Pour les jeunes ou les personnes ne pouvant pas se libérer sur une longue période, les chantiers internationaux constituent une excellente première expérience de volontariat au Vietnam. Des organisations comme Concordia ou Jeunesse et Reconstruction proposent des séjours de deux à trois semaines en groupe, autour de projets concrets : rénovation d’une école, aménagement d’un centre communautaire, animation auprès d’enfants, sensibilisation à l’environnement. L’hébergement est souvent collectif et les activités alternent entre travail bénévole, immersion culturelle et temps de découverte du pays.
Ce type de projet est particulièrement adapté si vous débutez dans l’humanitaire ou si vous avez entre 18 et 30 ans et souhaitez tester votre motivation sur le terrain. Les frais de participation couvrent généralement l’hébergement, les repas et la coordination locale, tandis que le transport international reste à votre charge. Même si la durée est courte, l’impact peut être significatif pour les structures d’accueil, à condition de bien choisir un chantier construit avec une ONG locale sérieuse. Avant de vous inscrire, prenez le temps d’analyser le contenu de la mission, le programme quotidien et le niveau d’encadrement proposé pour éviter les formes de “volontourisme” peu utiles.
Congé solidaire entreprise : partenariats avec planète urgence et planète enfants
De plus en plus d’entreprises françaises encouragent leurs salariés à s’engager quelques semaines dans des projets de solidarité internationale, grâce au dispositif de congé solidaire. Des associations comme Planète Urgence ou Planète Enfants & Développement ont développé des partenariats avec des groupes privés pour proposer des missions courtes, généralement de 2 à 4 semaines, au Vietnam. Le principe : vous partez sur votre temps de congé, l’association prend en charge la logistique et l’entreprise peut cofinancer la mission ou valoriser cet engagement dans sa politique RSE.
Les missions de congé solidaire sont souvent très ciblées : appui à la gestion d’une ONG locale, formation en marketing pour une coopérative de femmes, renforcement des compétences numériques d’une équipe associative, etc. Elles s’adressent donc à des profils disposant d’une expertise professionnelle transférable. Vous craignez de “prendre la place” d’un salarié local ? Les associations sérieuses veillent au contraire à ce que votre intervention soit complémentaire, sous forme de transfert de compétences et de renforcement des capacités. Avant de vous lancer, échangez avec votre service RH pour vérifier si votre entreprise est déjà partenaire d’une ONG active au Vietnam ou si elle est prête à le devenir.
Projets prioritaires selon les provinces vietnamiennes et populations vulnérables
Le Vietnam est un pays très contrasté, tant sur le plan géographique que socio-économique. Les besoins humanitaires ne sont pas les mêmes dans les montagnes du Nord, les grandes métropoles du Sud ou les provinces côtières exposées aux typhons. Pour que votre soutien soit le plus utile possible, il est important d’identifier les zones prioritaires et les populations les plus vulnérables : minorités ethniques, enfants des rues, personnes handicapées ou victimes des conséquences de la guerre. En fonction de ces réalités, les associations humanitaires adaptent leurs projets et leurs méthodes d’intervention.
Minorités ethniques hmong dans les hauts plateaux du Nord-Ouest
Dans les provinces montagneuses du Nord-Ouest, notamment autour de Sapa, Dien Bien ou Lai Chau, vivent de nombreuses minorités ethniques, dont les Hmong, souvent isolées géographiquement et économiquement. Malgré la beauté des paysages de rizières en terrasses, ces régions restent parmi les plus pauvres du pays, avec un accès limité à l’éducation, à la santé et aux infrastructures de base. Les enfants Hmong, par exemple, doivent parfois marcher plusieurs kilomètres pour rejoindre l’école, ce qui explique un taux de décrochage scolaire encore élevé, en particulier chez les filles. Les associations y développent des projets d’écoles-internats, de bourses de scolarité et de classes bilingues pour favoriser la réussite des élèves.
Les programmes de développement rural intégrés sont également essentiels pour ces communautés. Ils combinent souvent soutien à l’agriculture durable (agroécologie, diversification des cultures), accès à l’eau potable, formation professionnelle et valorisation de l’artisanat traditionnel. L’objectif est de sortir les villages d’une logique de simple survie en créant des revenus stables et en renforçant l’autonomie des familles. En soutenant une association humanitaire au Vietnam qui travaille avec les Hmong, vous contribuez à préserver une culture riche et à réduire les inégalités entre les régions urbaines et rurales. C’est un peu comme renforcer les fondations d’une maison : on agit à la base pour sécuriser l’ensemble.
Enfants des rues à Hô-Chi-Minh-Ville : centres d’accueil blue dragon
À l’autre extrémité du pays, Hô-Chi-Minh-Ville – moteur économique du Vietnam – fait face à des problématiques urbaines aiguës, parmi lesquelles la présence d’enfants des rues. Fuyant la pauvreté rurale ou des situations familiales difficiles, ces jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes, exposés à la mendicité, au travail forcé ou à l’exploitation. Des organisations comme Blue Dragon Children’s Foundation, soutenues par des partenaires français, gèrent des centres d’accueil offrant hébergement, repas, soins de santé et accompagnement psychosocial. L’objectif est d’assurer un “filet de sécurité” immédiat, puis de réinsérer progressivement les enfants dans le système scolaire ou dans une formation professionnelle adaptée.
Les programmes de Blue Dragon et d’autres ONG similaires vont au-delà de l’aide matérielle. Ils incluent un important travail de médiation avec les familles, de protection juridique et de plaidoyer auprès des autorités locales pour lutter contre la traite d’êtres humains. En soutenant ces centres, vous participez à rompre le cercle vicieux de la rue, un peu comme si l’on tendait la main à un enfant dans un carrefour bondé pour l’aider à trouver une route plus sûre. Les dons réguliers sont particulièrement précieux pour financer les frais de fonctionnement quotidiens : nourriture, salaires des éducateurs spécialisés, fournitures scolaires, soins médicaux.
Victimes de l’agent orange : soutien médical dans les provinces centrales
Plus de quarante ans après la fin de la guerre, les conséquences de l’agent orange – un défoliant hautement toxique utilisé par l’armée américaine – continuent de toucher de nombreuses familles vietnamiennes, notamment dans les provinces centrales comme Quang Tri, Quang Nam ou Thua Thien-Hue. De nombreux enfants naissent encore avec des malformations congénitales, des handicaps lourds ou des troubles neurologiques liés à l’exposition de leurs parents ou grands-parents. Des associations françaises et vietnamiennes gèrent des centres spécialisés proposant prise en charge médicale, rééducation fonctionnelle, soutien psychologique et programmes d’inclusion scolaire.
Les besoins sont multiples : équipements de rééducation, fauteuils roulants adaptés, formations pour les kinésithérapeutes ou orthophonistes, aménagement d’espaces accessibles. Certaines ONG développent également des activités génératrices de revenus pour les parents, afin qu’ils puissent mieux faire face aux coûts liés au handicap de leur enfant. En soutenant ces projets, vous contribuez à réparer, autant que possible, une injustice historique dont les victimes n’ont souvent reçu aucune compensation. Vous hésitez à vous engager sur ce sujet sensible ? Les associations publient régulièrement des rapports d’activité détaillés, qui permettent de comprendre précisément les enjeux médicaux et sociaux et de suivre les progrès accomplis.
Réhabilitation post-catastrophe dans les régions côtières sujettes aux typhons
Le Vietnam fait partie des pays les plus exposés au changement climatique et aux catastrophes naturelles en Asie du Sud-Est. Chaque année, plusieurs typhons frappent les régions côtières, notamment dans le Centre et le Nord du pays, provoquant inondations, glissements de terrain et destructions d’infrastructures. Les populations rurales, dont les habitations sont souvent précaires, se retrouvent particulièrement vulnérables. Les associations humanitaires interviennent à deux niveaux : l’urgence (distribution de kits alimentaires, abris temporaires, soins) et la réhabilitation à moyen terme (reconstruction de maisons, de ponts, de systèmes d’adduction d’eau).
De plus en plus de projets intègrent une dimension de réduction des risques de catastrophes, en formant les communautés locales aux gestes de préparation et d’alerte, et en construisant des infrastructures plus résilientes (écoles surélevées, digues végétalisées, plantations de mangroves). Soutenir ces initiatives, c’est un peu comme installer des ceintures de sécurité pour un pays confronté à des chocs climatiques de plus en plus fréquents. En tant que donateur, vous pouvez choisir d’orienter votre aide vers des fonds d’urgence ou vers des programmes de reconstruction durable, selon votre sensibilité. Les ONG sérieuses publient généralement un suivi détaillé des fonds mobilisés après chaque catastrophe majeure.
Partenariats institutionnels avec les autorités vietnamiennes et ONG locales
Pour être efficaces et durables, les projets des associations humanitaires au Vietnam ne peuvent pas se construire en vase clos. Ils reposent sur des partenariats étroits avec les autorités vietnamiennes (comités populaires, ministères, services déconcentrés) et avec un dense tissu d’ONG locales. Ce travail en réseau permet de s’assurer que les actions sont conformes aux priorités nationales, respectent les réglementations en vigueur et s’inscrivent dans les politiques publiques existantes, notamment en matière d’éducation, de santé ou d’environnement.
Les ONG françaises signent généralement des Memorandum of Understanding (MoU) avec les départements provinciaux ou les ministères concernés, qui encadrent la durée, les objectifs et les modalités de mise en œuvre des projets. Cette coopération institutionnelle est essentielle pour faciliter l’obtention des autorisations, l’accès aux données locales et l’implication des services publics (écoles, hôpitaux, centres sociaux). De leur côté, les associations vietnamiennes apportent une connaissance fine du terrain, des langues et des codes culturels, ce qui permet d’ajuster les interventions au plus près des besoins des bénéficiaires.
Vous vous demandez quel impact ces partenariats ont sur votre don ou votre mission de volontariat ? Concrètement, ils garantissent une meilleure coordination entre acteurs, réduisent les risques de doublons et augmentent les chances que les projets se poursuivent une fois l’ONG internationale partie. C’est un peu comme jouer en équipe plutôt qu’en solo : chacun apporte ses compétences, mais tout le monde suit le même plan de jeu. En choisissant de soutenir une association qui travaille en transparence avec les autorités et les ONG locales, vous contribuez à renforcer les capacités locales et à inscrire l’action humanitaire dans la durée.
Suivi et évaluation d’impact : métriques de transparence et reporting selon les standards GRI
La question de l’impact réel des projets est devenue centrale pour les associations humanitaires au Vietnam comme ailleurs. Les donateurs, qu’ils soient particuliers ou entreprises, souhaitent savoir comment sont utilisés les fonds et quels changements concrets sont observés sur le terrain. Pour y répondre, de nombreuses ONG adoptent aujourd’hui des outils de suivi et d’évaluation inspirés des standards internationaux, comme les lignes directrices du Global Reporting Initiative (GRI). Ces cadres méthodologiques permettent de mesurer non seulement les résultats immédiats (nombre de bénéficiaires, infrastructures construites), mais aussi les effets à moyen et long terme (amélioration des revenus, baisse du décrochage scolaire, réduction de la malnutrition).
Concrètement, les associations définissent des indicateurs quantitatifs et qualitatifs pour chaque projet au Vietnam : taux de fréquentation scolaire dans une province donnée, pourcentage de ménages ayant accès à l’eau potable, nombre de femmes ayant créé une activité génératrice de revenus, etc. Des enquêtes de terrain, des entretiens avec les bénéficiaires et des audits financiers sont régulièrement réalisés pour vérifier la pertinence et l’efficacité des actions. Les principaux résultats sont ensuite compilés dans des rapports annuels, disponibles en ligne, qui détaillent les zones d’intervention, les budgets alloués et les apprentissages tirés de chaque programme.
En tant que donateur ou futur volontaire, vous pouvez vous appuyer sur ces documents pour évaluer le sérieux et la transparence d’une association humanitaire au Vietnam. Les organisations qui publient des indicateurs clairs, reconnaissent leurs difficultés et expliquent comment elles ajustent leurs stratégies témoignent généralement d’une vraie culture de redevabilité. À l’inverse, une communication purement émotionnelle, sans données ni bilan chiffré, doit inviter à la prudence. En fin de compte, choisir une ONG qui suit et évalue rigoureusement son impact, c’est s’assurer que chaque euro, chaque heure de volontariat et chaque geste de solidarité contribue réellement à améliorer durablement la vie des populations vietnamiennes les plus vulnérables.